dimanche 10 juillet 2016

Girl Power

Ça a commencé un peu plus tôt dans la soirée, avec un commentaire de David Ginola.
D'un enfant qui donne un commentaire très juste sur les matchs précédents, on l'entend dire :
"Il a dû entendre ses parents. Enfin, surtout son papa."
Double colère : celle de l'enfant et celle de la maman.

Pourtant, notre contre-soirée était déjà bien en marche.
Les légers préparatifs loin derrière, la sonnette nous tire de notre léthargie analytique pré-match.
Nous voici donc, quatre femmes. Enfin, bouts de femmes.
Une avec des trous dehors et dedans, pratiqués au bistouri la veille par des mains expertes et néanmoins féminines, soit dit en passant.
Une avec des trous dedans, spontanés, ceux-là, mais de plus en plus grands.
Une en deuil.
Une si faible qu'on croirait la moindre brise capable de la briser.

Dès 19h, de petits bols chargés de délices colorés soigneusement préparés par le femme "si faible" s'alignent sur la table (réalisée par les mains expertes de la femme à trous dehors et dedans).
On trinque.
À 19h15, la femme avec les trous dedans allume le feu, guidée par les instructions de la première.
On picore en attendant.
À 19h50, elles décident qu'il ne pleuvra pas et que le poste de télévision serait mieux dehors.
À 19h51, la femme en deuil sort l'établit, installe, tire les rallonges, porte et branche.
La femme à trous pilote de la voix et de la télécommande.
À 19h53, le son et l'image font écho à la clameur environnante, dont le vrombissement se fait de plus en plus sonore.
On chante.

Peu à peu, on rit, on chante encore, on crie, on boit du bon vin, puis de l'excellent vin, pendant que le champagne se rafraîchit, on commente.
Les analyses improvisées à chaud seront confirmées par les plus grands analystes sportifs le lendemain.

Avant le match, nous écrivions à nos amis portugais, confiantes, que nous serions heureuses quelle que soit l'issue du match. C'est au fond de notre cœur que nous portons le Portugal et cette finale est idéale.
3 heures plus tard, il faut bien se résoudre à admettre que ça n'a pas tout à fait le même goût quand même.

Peu importe, ce soir, la victoire est bien ailleurs.

1 commentaire:

  1. Sans doute à cause d'un long silence, j'avais oublié de venir te retrouver ici. C'est si doux de te lire, si beau, si simple, si toi.

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