J'ai de l'avance sur mes petites camarades.
La formatrice me propose donc une scène d'adaptation.
Son choix se porte sur un passage de Cafe Society, je vais me régaler.
Je ne m'en souvenais pas en détails. En tout cas, pas comme ça.
Phil vient demander à Vonny, occupée à son nouvel emploi au vestiaire d'un endroit chic, de revenir avec lui, alors qu'elle pensait leur histoire terminée et qu'elle hésite encore entre ses deux amours.
Je me souviens de cette séance d'interprétation téléphonique.
La sonnerie du téléphone avait interrompu cette conversation sur "nous", dans laquelle j'avais déjà compris que nos routes se feraient séparément.
Il m'avait demandé de traduire cette conversation sur "eux". J'avais accepté.
En faisant l'intermédiaire, je me mettais au cœur du sens, je saisissais l'occasion de mieux comprendre les ressorts d'une situation qui m'échappait.
Aujourd'hui, je retrouve cette position qui m'ouvre de nouvelles perspectives.
Je revois cette conversation au milieu des cadres métalliques, où pour une fois, il posait les mauvaises questions, auxquelles je faisais les bonnes réponses.
Je revois également tous ces échanges entrecoupés de bribes de conversations professionnelles, avec des personnes qui semblent ne rien entendre, ne rien voir de ce qui pourtant se joue sous leurs yeux.
Et la drôlerie de la situation.
Est-ce la nouvelle absence que je pressens déjà ?
Les réminiscences de ces épisodes passés ?
Le trou dans mon ventre est violent et immédiat.
Une évidence, en tout cas, je suis une adaptatrice.
vendredi 24 juin 2016
mardi 14 juin 2016
Fote d'hortografe
Après les 10 fautes relevées dans un paragraphe photocopié de leçon d'histoire, nouvelle torpeur en plein conseil d'école ce soir.
Deux énormes fautes relevées sur un panneau de grammaire de seulement 10 phrases, affiché au mur de la classe de CM2.
J'avertis discrètement le maître et directeur en fin de reunion :
-Il y a deux fautes sur votre affiche, là -bas.
-Ah, oui, peut-être.
Deux énormes fautes relevées sur un panneau de grammaire de seulement 10 phrases, affiché au mur de la classe de CM2.
J'avertis discrètement le maître et directeur en fin de reunion :
-Il y a deux fautes sur votre affiche, là -bas.
-Ah, oui, peut-être.
Miracle
J'ai eu la chance de ne jamais avoir à réaliser comme il est difficile de faire un enfant.
Ce matin, j'ai entrevu ce parcours du combattant.
On m'explique que les follicules doivent être en nombre suffisant, à bonne maturité, que l'ovocyte produit doit être de bonne qualité et libéré au moment opportun... Et ce n'est là que le début du chemin.
Malgré la lourdeur et l'incroyable déshumanisation du processus, dans un service pourtant dédié à donner la vie, je suis d'autant plus résolue à aller jusqu'au bout.
À jouer au colibri.
Ce matin, j'ai entrevu ce parcours du combattant.
On m'explique que les follicules doivent être en nombre suffisant, à bonne maturité, que l'ovocyte produit doit être de bonne qualité et libéré au moment opportun... Et ce n'est là que le début du chemin.
Malgré la lourdeur et l'incroyable déshumanisation du processus, dans un service pourtant dédié à donner la vie, je suis d'autant plus résolue à aller jusqu'au bout.
À jouer au colibri.
Non sens
Agacée depuis longtemps déjà par le traitement de l'information, tant par le choix des sujets que par le traitement qui en est fait.
Nouvelle goutte d'eau sur France Internet ce matin.
"Deux policiers tués à leur domicile. Leur enfant de trois ans en est sorti indemne."
Nouvelle goutte d'eau sur France Internet ce matin.
"Deux policiers tués à leur domicile. Leur enfant de trois ans en est sorti indemne."
dimanche 5 juin 2016
vendredi 3 juin 2016
Juliette
Ç'aurait dû être mon prénom. Hérité d'une arrière grand-mère paternelle.
Mais il déplaisait à ma grand-mère. Maternelle.
Ironie de l'histoire, c'est sa mort, quelques mois avant ma naissance, qui a fait basculer mes parents, incapables d'aller contre sa volonté maintenant qu'elle n'était plus là pour la défendre.
Je n'y ai pensé ni avant, ni pendant le film d'Almodovar.
C'est venu après, dans la voiture. Sous le déluge intérieur et extérieur.
Voilà presque deux semaines que j'avais réussi à mettre un mot, à voix haute et devant témoin, sur le mal qui me rongeait le ventre et le reste : culpabilité.
Un trou plus grand que d'habitude, plus brûlant, aussi.
Béant. Parfois immense.
Moi qui pensais que nommer, c'était déjà accepter et donc, soulager...
Et puis, il a commencé à pleuvoir, sans discontinuer.
L'eau était partout. Si présente qu'elle ne voulait plus s'écouler, disparaître.
À envahir les joues, le nez, les fossés, les routes, la descente du garage, le dessous du lave-linge, la baignoire, le sol de la salle de bains, l'évier... Toute la maison.
Je repense à Claire... Trop-plein d'émotions, vous dites ?
Je repense à Bernard, au Refuge de Jean. Un petit tour au lavoir ? On vidange le bac avant de remettre de l'eau propre ?
On dirait bien que la pluie a cessé aujourd'hui. Que les canalisations sont enfin débouchées.
Que tout va pouvoir commencer à sécher.
Mais il déplaisait à ma grand-mère. Maternelle.
Ironie de l'histoire, c'est sa mort, quelques mois avant ma naissance, qui a fait basculer mes parents, incapables d'aller contre sa volonté maintenant qu'elle n'était plus là pour la défendre.
Je n'y ai pensé ni avant, ni pendant le film d'Almodovar.
C'est venu après, dans la voiture. Sous le déluge intérieur et extérieur.
Voilà presque deux semaines que j'avais réussi à mettre un mot, à voix haute et devant témoin, sur le mal qui me rongeait le ventre et le reste : culpabilité.
Un trou plus grand que d'habitude, plus brûlant, aussi.
Béant. Parfois immense.
Moi qui pensais que nommer, c'était déjà accepter et donc, soulager...
Et puis, il a commencé à pleuvoir, sans discontinuer.
L'eau était partout. Si présente qu'elle ne voulait plus s'écouler, disparaître.
À envahir les joues, le nez, les fossés, les routes, la descente du garage, le dessous du lave-linge, la baignoire, le sol de la salle de bains, l'évier... Toute la maison.
Je repense à Claire... Trop-plein d'émotions, vous dites ?
Je repense à Bernard, au Refuge de Jean. Un petit tour au lavoir ? On vidange le bac avant de remettre de l'eau propre ?
On dirait bien que la pluie a cessé aujourd'hui. Que les canalisations sont enfin débouchées.
Que tout va pouvoir commencer à sécher.
Inscription à :
Commentaires (Atom)
