Ç'aurait dû être mon prénom. Hérité d'une arrière grand-mère paternelle.
Mais il déplaisait à ma grand-mère. Maternelle.
Ironie de l'histoire, c'est sa mort, quelques mois avant ma naissance, qui a fait basculer mes parents, incapables d'aller contre sa volonté maintenant qu'elle n'était plus là pour la défendre.
Je n'y ai pensé ni avant, ni pendant le film d'Almodovar.
C'est venu après, dans la voiture. Sous le déluge intérieur et extérieur.
Voilà presque deux semaines que j'avais réussi à mettre un mot, à voix haute et devant témoin, sur le mal qui me rongeait le ventre et le reste : culpabilité.
Un trou plus grand que d'habitude, plus brûlant, aussi.
Béant. Parfois immense.
Moi qui pensais que nommer, c'était déjà accepter et donc, soulager...
Et puis, il a commencé à pleuvoir, sans discontinuer.
L'eau était partout. Si présente qu'elle ne voulait plus s'écouler, disparaître.
À envahir les joues, le nez, les fossés, les routes, la descente du garage, le dessous du lave-linge, la baignoire, le sol de la salle de bains, l'évier... Toute la maison.
Je repense à Claire... Trop-plein d'émotions, vous dites ?
Je repense à Bernard, au Refuge de Jean. Un petit tour au lavoir ? On vidange le bac avant de remettre de l'eau propre ?
On dirait bien que la pluie a cessé aujourd'hui. Que les canalisations sont enfin débouchées.
Que tout va pouvoir commencer à sécher.
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