mercredi 27 juillet 2016
dimanche 10 juillet 2016
Girl Power
Ça a commencé un peu plus tôt dans la soirée, avec un commentaire de David Ginola.
D'un enfant qui donne un commentaire très juste sur les matchs précédents, on l'entend dire :
"Il a dû entendre ses parents. Enfin, surtout son papa."
Double colère : celle de l'enfant et celle de la maman.
Pourtant, notre contre-soirée était déjà bien en marche.
Les légers préparatifs loin derrière, la sonnette nous tire de notre léthargie analytique pré-match.
Nous voici donc, quatre femmes. Enfin, bouts de femmes.
Une avec des trous dehors et dedans, pratiqués au bistouri la veille par des mains expertes et néanmoins féminines, soit dit en passant.
Une avec des trous dedans, spontanés, ceux-là, mais de plus en plus grands.
Une en deuil.
Une si faible qu'on croirait la moindre brise capable de la briser.
Dès 19h, de petits bols chargés de délices colorés soigneusement préparés par le femme "si faible" s'alignent sur la table (réalisée par les mains expertes de la femme à trous dehors et dedans).
On trinque.
À 19h15, la femme avec les trous dedans allume le feu, guidée par les instructions de la première.
On picore en attendant.
À 19h50, elles décident qu'il ne pleuvra pas et que le poste de télévision serait mieux dehors.
À 19h51, la femme en deuil sort l'établit, installe, tire les rallonges, porte et branche.
La femme à trous pilote de la voix et de la télécommande.
À 19h53, le son et l'image font écho à la clameur environnante, dont le vrombissement se fait de plus en plus sonore.
On chante.
Peu à peu, on rit, on chante encore, on crie, on boit du bon vin, puis de l'excellent vin, pendant que le champagne se rafraîchit, on commente.
Les analyses improvisées à chaud seront confirmées par les plus grands analystes sportifs le lendemain.
Avant le match, nous écrivions à nos amis portugais, confiantes, que nous serions heureuses quelle que soit l'issue du match. C'est au fond de notre cœur que nous portons le Portugal et cette finale est idéale.
3 heures plus tard, il faut bien se résoudre à admettre que ça n'a pas tout à fait le même goût quand même.
Peu importe, ce soir, la victoire est bien ailleurs.
D'un enfant qui donne un commentaire très juste sur les matchs précédents, on l'entend dire :
"Il a dû entendre ses parents. Enfin, surtout son papa."
Double colère : celle de l'enfant et celle de la maman.
Pourtant, notre contre-soirée était déjà bien en marche.
Les légers préparatifs loin derrière, la sonnette nous tire de notre léthargie analytique pré-match.
Nous voici donc, quatre femmes. Enfin, bouts de femmes.
Une avec des trous dehors et dedans, pratiqués au bistouri la veille par des mains expertes et néanmoins féminines, soit dit en passant.
Une avec des trous dedans, spontanés, ceux-là, mais de plus en plus grands.
Une en deuil.
Une si faible qu'on croirait la moindre brise capable de la briser.
Dès 19h, de petits bols chargés de délices colorés soigneusement préparés par le femme "si faible" s'alignent sur la table (réalisée par les mains expertes de la femme à trous dehors et dedans).
On trinque.
À 19h15, la femme avec les trous dedans allume le feu, guidée par les instructions de la première.
On picore en attendant.
À 19h50, elles décident qu'il ne pleuvra pas et que le poste de télévision serait mieux dehors.
À 19h51, la femme en deuil sort l'établit, installe, tire les rallonges, porte et branche.
La femme à trous pilote de la voix et de la télécommande.
À 19h53, le son et l'image font écho à la clameur environnante, dont le vrombissement se fait de plus en plus sonore.
On chante.
Peu à peu, on rit, on chante encore, on crie, on boit du bon vin, puis de l'excellent vin, pendant que le champagne se rafraîchit, on commente.
Les analyses improvisées à chaud seront confirmées par les plus grands analystes sportifs le lendemain.
Avant le match, nous écrivions à nos amis portugais, confiantes, que nous serions heureuses quelle que soit l'issue du match. C'est au fond de notre cœur que nous portons le Portugal et cette finale est idéale.
3 heures plus tard, il faut bien se résoudre à admettre que ça n'a pas tout à fait le même goût quand même.
Peu importe, ce soir, la victoire est bien ailleurs.
vendredi 8 juillet 2016
20 juin
"Je ne réponds pas d'avoir du goût mais j'ai le dégoût très sûr."
Est-ce le corps, l'âme ou l'esprit qui parle ?
Je ne sais jamais faire la distinction.
2 heures de Poésie ?, un régal.
Rires et larmes en pagaille, parfois croisés.
Le dormeur du val, je frissonne. J'y suis. Je sens la brise et la verdure autour.
Je sens la douce chaleur de ce matin d'août qui s'éveille et contraste avec ce corps froid comme une pierre.
Je lutte pour rester là, attentive aux spasmes de douleur pas plus qu'au reste.
Trois fois, je manque de sortir, le cœur au bord des lèvres.
Mais je ne veux pas en rater une miette.
À la sortie, épuisée par ce combat, je me laisse porter dans la voiture, puis au bar.
Je ne m'oppose plus, ne m'interroge plus, je n'en ai plus la force.
Dans cette ambiance gaie, chaleureuse, extravagante, aussi, comme à la maison, je m'apaise enfin suffisamment pour tout laisser sortir.
Est-ce le corps, l'âme ou l'esprit qui parle ?
Je ne sais jamais faire la distinction.
2 heures de Poésie ?, un régal.
Rires et larmes en pagaille, parfois croisés.
Le dormeur du val, je frissonne. J'y suis. Je sens la brise et la verdure autour.
Je sens la douce chaleur de ce matin d'août qui s'éveille et contraste avec ce corps froid comme une pierre.
Je lutte pour rester là, attentive aux spasmes de douleur pas plus qu'au reste.
Trois fois, je manque de sortir, le cœur au bord des lèvres.
Mais je ne veux pas en rater une miette.
À la sortie, épuisée par ce combat, je me laisse porter dans la voiture, puis au bar.
Je ne m'oppose plus, ne m'interroge plus, je n'en ai plus la force.
Dans cette ambiance gaie, chaleureuse, extravagante, aussi, comme à la maison, je m'apaise enfin suffisamment pour tout laisser sortir.
mardi 5 juillet 2016
Sédimentation
-Et tu fais quoi, cet été ?
-Je pars faire une retraite de méditation.
-C'est quoi, la méditation ?
-C'est retrouver le goût de l'Orangina, être attentif à la pulpe qui se dépose.
-Je pars faire une retraite de méditation.
-C'est quoi, la méditation ?
-C'est retrouver le goût de l'Orangina, être attentif à la pulpe qui se dépose.
dimanche 3 juillet 2016
Aristocratie
Réunion au sommet, dimanche.
Nous sommes conviés par un simple papillon glissé dans notre boîte aux lettres.
Ce rendez-vous que j'avais déjà manqué deux fois, je me réjouis d'y aller enfin.
La convivialité dépasse mes attentes.
Des tables et des chaises sorties de nulle part.
Des paniers garnis de douceurs salées et sucrées qu'on échange.
Du bon vin, rouge ou rosé.
Des rires et des jeux d'enfants.
Des plants de tomate qu'on offre parce qu'il y en a bien trop pour son propre potager.
Je suis accueillie en petite nouvelle, avec une simplicité et une chaleur toutes naturelles.
Autour de moi, toutes sortes de couples.
Ceux qui semblent à la fois improbables et inébranlables malgré les chemins tortueux de la vie.
Ceux qui se renforcent des épreuves qu'ils traversent, qui surmontent la maladie.
Ceux qui continuent de se construire, doucement mais sûrement.
Ceux qui, plus récents, paraissent pourtant évidents.
Et je retrouve ici l'aristocratie décrite dans La Consolante, ce livre dont plusieurs phrases me portent depuis plus de six mois.
L'impression que soudain, tout le monde parle la même langue.
On sourit et on rit.
La remise en jeu du titre de champion du monde de pétanque de la Côte Eclue vient compléter le tableau.
Et si j'étais moi aussi une aristocrate ?
Nous sommes conviés par un simple papillon glissé dans notre boîte aux lettres.
Ce rendez-vous que j'avais déjà manqué deux fois, je me réjouis d'y aller enfin.
La convivialité dépasse mes attentes.
Des tables et des chaises sorties de nulle part.
Des paniers garnis de douceurs salées et sucrées qu'on échange.
Du bon vin, rouge ou rosé.
Des rires et des jeux d'enfants.
Des plants de tomate qu'on offre parce qu'il y en a bien trop pour son propre potager.
Je suis accueillie en petite nouvelle, avec une simplicité et une chaleur toutes naturelles.
Autour de moi, toutes sortes de couples.
Ceux qui semblent à la fois improbables et inébranlables malgré les chemins tortueux de la vie.
Ceux qui se renforcent des épreuves qu'ils traversent, qui surmontent la maladie.
Ceux qui continuent de se construire, doucement mais sûrement.
Ceux qui, plus récents, paraissent pourtant évidents.
Et je retrouve ici l'aristocratie décrite dans La Consolante, ce livre dont plusieurs phrases me portent depuis plus de six mois.
L'impression que soudain, tout le monde parle la même langue.
On sourit et on rit.
La remise en jeu du titre de champion du monde de pétanque de la Côte Eclue vient compléter le tableau.
Et si j'étais moi aussi une aristocrate ?
vendredi 24 juin 2016
Cafe Society
J'ai de l'avance sur mes petites camarades.
La formatrice me propose donc une scène d'adaptation.
Son choix se porte sur un passage de Cafe Society, je vais me régaler.
Je ne m'en souvenais pas en détails. En tout cas, pas comme ça.
Phil vient demander à Vonny, occupée à son nouvel emploi au vestiaire d'un endroit chic, de revenir avec lui, alors qu'elle pensait leur histoire terminée et qu'elle hésite encore entre ses deux amours.
Je me souviens de cette séance d'interprétation téléphonique.
La sonnerie du téléphone avait interrompu cette conversation sur "nous", dans laquelle j'avais déjà compris que nos routes se feraient séparément.
Il m'avait demandé de traduire cette conversation sur "eux". J'avais accepté.
En faisant l'intermédiaire, je me mettais au cœur du sens, je saisissais l'occasion de mieux comprendre les ressorts d'une situation qui m'échappait.
Aujourd'hui, je retrouve cette position qui m'ouvre de nouvelles perspectives.
Je revois cette conversation au milieu des cadres métalliques, où pour une fois, il posait les mauvaises questions, auxquelles je faisais les bonnes réponses.
Je revois également tous ces échanges entrecoupés de bribes de conversations professionnelles, avec des personnes qui semblent ne rien entendre, ne rien voir de ce qui pourtant se joue sous leurs yeux.
Et la drôlerie de la situation.
Est-ce la nouvelle absence que je pressens déjà ?
Les réminiscences de ces épisodes passés ?
Le trou dans mon ventre est violent et immédiat.
Une évidence, en tout cas, je suis une adaptatrice.
La formatrice me propose donc une scène d'adaptation.
Son choix se porte sur un passage de Cafe Society, je vais me régaler.
Je ne m'en souvenais pas en détails. En tout cas, pas comme ça.
Phil vient demander à Vonny, occupée à son nouvel emploi au vestiaire d'un endroit chic, de revenir avec lui, alors qu'elle pensait leur histoire terminée et qu'elle hésite encore entre ses deux amours.
Je me souviens de cette séance d'interprétation téléphonique.
La sonnerie du téléphone avait interrompu cette conversation sur "nous", dans laquelle j'avais déjà compris que nos routes se feraient séparément.
Il m'avait demandé de traduire cette conversation sur "eux". J'avais accepté.
En faisant l'intermédiaire, je me mettais au cœur du sens, je saisissais l'occasion de mieux comprendre les ressorts d'une situation qui m'échappait.
Aujourd'hui, je retrouve cette position qui m'ouvre de nouvelles perspectives.
Je revois cette conversation au milieu des cadres métalliques, où pour une fois, il posait les mauvaises questions, auxquelles je faisais les bonnes réponses.
Je revois également tous ces échanges entrecoupés de bribes de conversations professionnelles, avec des personnes qui semblent ne rien entendre, ne rien voir de ce qui pourtant se joue sous leurs yeux.
Et la drôlerie de la situation.
Est-ce la nouvelle absence que je pressens déjà ?
Les réminiscences de ces épisodes passés ?
Le trou dans mon ventre est violent et immédiat.
Une évidence, en tout cas, je suis une adaptatrice.
mardi 14 juin 2016
Fote d'hortografe
Après les 10 fautes relevées dans un paragraphe photocopié de leçon d'histoire, nouvelle torpeur en plein conseil d'école ce soir.
Deux énormes fautes relevées sur un panneau de grammaire de seulement 10 phrases, affiché au mur de la classe de CM2.
J'avertis discrètement le maître et directeur en fin de reunion :
-Il y a deux fautes sur votre affiche, là -bas.
-Ah, oui, peut-être.
Deux énormes fautes relevées sur un panneau de grammaire de seulement 10 phrases, affiché au mur de la classe de CM2.
J'avertis discrètement le maître et directeur en fin de reunion :
-Il y a deux fautes sur votre affiche, là -bas.
-Ah, oui, peut-être.
Miracle
J'ai eu la chance de ne jamais avoir à réaliser comme il est difficile de faire un enfant.
Ce matin, j'ai entrevu ce parcours du combattant.
On m'explique que les follicules doivent être en nombre suffisant, à bonne maturité, que l'ovocyte produit doit être de bonne qualité et libéré au moment opportun... Et ce n'est là que le début du chemin.
Malgré la lourdeur et l'incroyable déshumanisation du processus, dans un service pourtant dédié à donner la vie, je suis d'autant plus résolue à aller jusqu'au bout.
À jouer au colibri.
Ce matin, j'ai entrevu ce parcours du combattant.
On m'explique que les follicules doivent être en nombre suffisant, à bonne maturité, que l'ovocyte produit doit être de bonne qualité et libéré au moment opportun... Et ce n'est là que le début du chemin.
Malgré la lourdeur et l'incroyable déshumanisation du processus, dans un service pourtant dédié à donner la vie, je suis d'autant plus résolue à aller jusqu'au bout.
À jouer au colibri.
Non sens
Agacée depuis longtemps déjà par le traitement de l'information, tant par le choix des sujets que par le traitement qui en est fait.
Nouvelle goutte d'eau sur France Internet ce matin.
"Deux policiers tués à leur domicile. Leur enfant de trois ans en est sorti indemne."
Nouvelle goutte d'eau sur France Internet ce matin.
"Deux policiers tués à leur domicile. Leur enfant de trois ans en est sorti indemne."
dimanche 5 juin 2016
vendredi 3 juin 2016
Juliette
Ç'aurait dû être mon prénom. Hérité d'une arrière grand-mère paternelle.
Mais il déplaisait à ma grand-mère. Maternelle.
Ironie de l'histoire, c'est sa mort, quelques mois avant ma naissance, qui a fait basculer mes parents, incapables d'aller contre sa volonté maintenant qu'elle n'était plus là pour la défendre.
Je n'y ai pensé ni avant, ni pendant le film d'Almodovar.
C'est venu après, dans la voiture. Sous le déluge intérieur et extérieur.
Voilà presque deux semaines que j'avais réussi à mettre un mot, à voix haute et devant témoin, sur le mal qui me rongeait le ventre et le reste : culpabilité.
Un trou plus grand que d'habitude, plus brûlant, aussi.
Béant. Parfois immense.
Moi qui pensais que nommer, c'était déjà accepter et donc, soulager...
Et puis, il a commencé à pleuvoir, sans discontinuer.
L'eau était partout. Si présente qu'elle ne voulait plus s'écouler, disparaître.
À envahir les joues, le nez, les fossés, les routes, la descente du garage, le dessous du lave-linge, la baignoire, le sol de la salle de bains, l'évier... Toute la maison.
Je repense à Claire... Trop-plein d'émotions, vous dites ?
Je repense à Bernard, au Refuge de Jean. Un petit tour au lavoir ? On vidange le bac avant de remettre de l'eau propre ?
On dirait bien que la pluie a cessé aujourd'hui. Que les canalisations sont enfin débouchées.
Que tout va pouvoir commencer à sécher.
Mais il déplaisait à ma grand-mère. Maternelle.
Ironie de l'histoire, c'est sa mort, quelques mois avant ma naissance, qui a fait basculer mes parents, incapables d'aller contre sa volonté maintenant qu'elle n'était plus là pour la défendre.
Je n'y ai pensé ni avant, ni pendant le film d'Almodovar.
C'est venu après, dans la voiture. Sous le déluge intérieur et extérieur.
Voilà presque deux semaines que j'avais réussi à mettre un mot, à voix haute et devant témoin, sur le mal qui me rongeait le ventre et le reste : culpabilité.
Un trou plus grand que d'habitude, plus brûlant, aussi.
Béant. Parfois immense.
Moi qui pensais que nommer, c'était déjà accepter et donc, soulager...
Et puis, il a commencé à pleuvoir, sans discontinuer.
L'eau était partout. Si présente qu'elle ne voulait plus s'écouler, disparaître.
À envahir les joues, le nez, les fossés, les routes, la descente du garage, le dessous du lave-linge, la baignoire, le sol de la salle de bains, l'évier... Toute la maison.
Je repense à Claire... Trop-plein d'émotions, vous dites ?
Je repense à Bernard, au Refuge de Jean. Un petit tour au lavoir ? On vidange le bac avant de remettre de l'eau propre ?
On dirait bien que la pluie a cessé aujourd'hui. Que les canalisations sont enfin débouchées.
Que tout va pouvoir commencer à sécher.
samedi 28 mai 2016
Bobby and Tom
Cette fois, je n'avais pas oublié mon appareil photo.
Mais il est resté dans mon sac. Aucune envie d'interposer le moindre intermédiaire entre moi et ce qui se joue là.
Je rechigne presque à mettre sur mes oreilles le casque que Franck me tend. Son enthousiasme à partager sa position de spectateur privilégié achève de me convaincre.
Je suis immédiatement transportée, la tête entre les queues des deux pianos, au coeur (choeur ?) des vibrations.
Quand on regarde ses doigts d'octogénaire, on peine à croire qu'ils puissent générer des sons d'une telle fluidité.
Nous nous envolons tous dans le sillage de l'astéroïde.
Ces deux-là ont dans le regard l'étincelle de l'enfance et la plénitude des êtres accomplis.
Ils ont été et sont, totalement.
Mais il est resté dans mon sac. Aucune envie d'interposer le moindre intermédiaire entre moi et ce qui se joue là.
Je rechigne presque à mettre sur mes oreilles le casque que Franck me tend. Son enthousiasme à partager sa position de spectateur privilégié achève de me convaincre.
Je suis immédiatement transportée, la tête entre les queues des deux pianos, au coeur (choeur ?) des vibrations.
Quand on regarde ses doigts d'octogénaire, on peine à croire qu'ils puissent générer des sons d'une telle fluidité.
Nous nous envolons tous dans le sillage de l'astéroïde.
Ces deux-là ont dans le regard l'étincelle de l'enfance et la plénitude des êtres accomplis.
Ils ont été et sont, totalement.
Lotus de la bienveillance épanouie
« La fleur de lotus reste totalement pure quel que soit le limon dont elle est issue et elle n'est pas coquette malgré la baignade dans l'eau claire ».
vendredi 20 mai 2016
La vérité sort de la bouche des enfants
-Maman, ça fait quoi, d'être vieux ?
-Il faudrait demander à quelqu'un qui l'est. Tu connais quelqu'un de vieux ?
-Bah, toi, par exemple.
-Il faudrait demander à quelqu'un qui l'est. Tu connais quelqu'un de vieux ?
-Bah, toi, par exemple.
jeudi 19 mai 2016
Les mots justes
Il maîtrise la langue et le verbe.
Ses mots font parfois mal, très mal.
Parfois, du bien.
Parfois ils surprennent, parfois ils réveillent.
Ils apaisent ou stimulent.
Presque toujours, ils font mouche.
Ce matin, il me remercie de mon accueil chaleureux et libertaire.
Droit au cœur.
Exactement l'impression que j'aimerais laisser à mes futurs hôtes.
Deux mots si encourageants.
L'impression d'avoir réussi à apporter un peu d'âme à ce pavillon médiocre.
Comme un écho, ce soir, une bière impromptue partagée dans un petit coin de paradis soigneusement aménagé et entretenu, dans un joyeux foisonnement que j'aimerais reproduire.
Des concerts improvisés, un verger, un potager luxuriant, un inventif fouillis , gai et apaisant, fait de bois, de pierres, d'arbres, de sueur, d'occasions et de temps.
Ses mots font parfois mal, très mal.
Parfois, du bien.
Parfois ils surprennent, parfois ils réveillent.
Ils apaisent ou stimulent.
Presque toujours, ils font mouche.
Ce matin, il me remercie de mon accueil chaleureux et libertaire.
Droit au cœur.
Exactement l'impression que j'aimerais laisser à mes futurs hôtes.
Deux mots si encourageants.
L'impression d'avoir réussi à apporter un peu d'âme à ce pavillon médiocre.
Comme un écho, ce soir, une bière impromptue partagée dans un petit coin de paradis soigneusement aménagé et entretenu, dans un joyeux foisonnement que j'aimerais reproduire.
Des concerts improvisés, un verger, un potager luxuriant, un inventif fouillis , gai et apaisant, fait de bois, de pierres, d'arbres, de sueur, d'occasions et de temps.
samedi 30 avril 2016
L'ironie
Voilà pourquoi il faut aller au musée, dans les expositions, même quand on n'y connaît rien.
Parce que tout à coup une fenêtre peinte apporte bien plus de lumière que n'importe quelle autre que l'on a croisée dans sa vie.
Qu'après s'être approché, après avoir relu pour vérifier que c'était bien une huile sur toile et pas de la peinture phosphorescente, après avoir cherché l'éclairage derrière tout ça, il a bien fallu reconnaître qu'il n'y avait rien d'autre.
Parce que je n'aurais jamais pensé pouvoir trouver un jour une roseraie plus émouvante qu'une roseraie qu'on touche et qu'on sente.
Parce qu'il n'y a pas forcément besoin de mots pour sentir l'horreur du nazisme.
Parce qu'il y avait des couleurs, de drôles de signes, des poissons de toutes les formes et dans tous les sens, des personnes difformes et des acrobates.
Que tout ça, bien que parfois peu ressemblant, était plus vrai que nature.
J'étais bien, en enfance...
vendredi 22 avril 2016
1964
Il est né en 1964.
Il a ce timbre éraillé, ces craquelures dans la voix qui sont autant de cicatrices.
Quand il se met à chanter, parfois, elles s'ouvrent, béantes. On a l'impression qu'il nous laisse toucher l'intérieur de lui.
Il y a eu cette magnifique reprise de Prince... https://youtu.be/IuUDRU9-HRk
Il y a eu aussi John Lennon, les Beatles, un hommage de cet ancien parisien au Paris qui continue d'aller dans des concerts...
Guitare, voix, parfois violoncelle.
Des cordes organiques.
Je m'attends à chaque instant à ce qu'Eddie fasse son entrée sur scène.
https://youtu.be/VUb450Alpps
Mais je reste là, accrochée, secouée par ce qui se passe.
Un regard qui transperce même depuis le treizième rang.
Et cette voix, cette voix... Comme un fil qui vibre directement au cœur de moi.
Plein de "bien-pensance", s'il n'y avait eu cette conclusion parfaite :
"Je vais terminer avec cette chanson, parce que la dernière fois ici, ils en avaient tellement marre qu'ils ont fini par éteindre les lumières et jeter les gens dehors. Je vous promets, la prochaine fois je jouerai dans un endroit où on pourra faire de la guitare et chanter toute la nuit si on en a envie."
Il a ce timbre éraillé, ces craquelures dans la voix qui sont autant de cicatrices.
Quand il se met à chanter, parfois, elles s'ouvrent, béantes. On a l'impression qu'il nous laisse toucher l'intérieur de lui.
Il y a eu cette magnifique reprise de Prince... https://youtu.be/IuUDRU9-HRk
Il y a eu aussi John Lennon, les Beatles, un hommage de cet ancien parisien au Paris qui continue d'aller dans des concerts...
Guitare, voix, parfois violoncelle.
Des cordes organiques.
Je m'attends à chaque instant à ce qu'Eddie fasse son entrée sur scène.
https://youtu.be/VUb450Alpps
Mais je reste là, accrochée, secouée par ce qui se passe.
Un regard qui transperce même depuis le treizième rang.
Et cette voix, cette voix... Comme un fil qui vibre directement au cœur de moi.
Plein de "bien-pensance", s'il n'y avait eu cette conclusion parfaite :
"Je vais terminer avec cette chanson, parce que la dernière fois ici, ils en avaient tellement marre qu'ils ont fini par éteindre les lumières et jeter les gens dehors. Je vous promets, la prochaine fois je jouerai dans un endroit où on pourra faire de la guitare et chanter toute la nuit si on en a envie."
jeudi 14 avril 2016
Minouchquette
Je surprends ma colocataire en pleine toilette.
Elle se lèche la patte de petits coups rapides, qu'elle se passe ensuite sur la tête, méticuleusement, n'oubliant aucune parcelle de poils.
Je repense à mon grand-père qui nous faisait observer longuement la toilette de sa Minette.
Il nous disait :
"Regarde, elle va nous faire le bulletin météo."
Fébriles et impatients, nous étudiions ce long rituel.
La méthode était infaillible.
Lorsque la patte du chat passait entre le oreilles, c'était qu'il allait pleuvoir.
Si sa toilette n'atteignait pas le dessus de la tête, nous allions rester au sec.
L'hiver, il passait ses soirées dans la vieille maison, attablé à casser avec application toutes les noix de la récolte avant de les décortiquer consciencieusement.
Il n'en tirait que quelques litres d'une huile au goût bien trop fort pour nos palais aseptisés.
Dès les premiers beaux jours et pendant toute la belle saison, il était toujours parti.
Tailler et entretenir la vigne. Travailler les cultures au champ. S'occuper des moutons à la cabane.
Même à la maison, il était toujours affairé. Panser les lapins, gaver les oies...
Lors des repas de famille et événements sociaux, il était toujours nerveux, irascible.
Je m'interrogeais sur les raisons de cette fuite permanente.
Je comprends aujourd'hui que c'était tout le contraire.
D'ailleurs, il nous emmenait volontiers avec lui. L'arrière dépourvu de sièges de sa Super 5 empestait le mouton et la paille humide. Nous y montions à 2, 3 ou 5. Il a bien dû nous arriver aussi de voyager avec un agneau.
Ces virées joyeuses avaient un goût d'interdit, de liberté.
Dans ces corvées insensées qu'il s'imposait, il était en fait enfin totalement libre, à la fois présent et ouvert au monde.
Elle se lèche la patte de petits coups rapides, qu'elle se passe ensuite sur la tête, méticuleusement, n'oubliant aucune parcelle de poils.
Je repense à mon grand-père qui nous faisait observer longuement la toilette de sa Minette.
Il nous disait :
"Regarde, elle va nous faire le bulletin météo."
Fébriles et impatients, nous étudiions ce long rituel.
La méthode était infaillible.
Lorsque la patte du chat passait entre le oreilles, c'était qu'il allait pleuvoir.
Si sa toilette n'atteignait pas le dessus de la tête, nous allions rester au sec.
L'hiver, il passait ses soirées dans la vieille maison, attablé à casser avec application toutes les noix de la récolte avant de les décortiquer consciencieusement.
Il n'en tirait que quelques litres d'une huile au goût bien trop fort pour nos palais aseptisés.
Dès les premiers beaux jours et pendant toute la belle saison, il était toujours parti.
Tailler et entretenir la vigne. Travailler les cultures au champ. S'occuper des moutons à la cabane.
Même à la maison, il était toujours affairé. Panser les lapins, gaver les oies...
Lors des repas de famille et événements sociaux, il était toujours nerveux, irascible.
Je m'interrogeais sur les raisons de cette fuite permanente.
Je comprends aujourd'hui que c'était tout le contraire.
D'ailleurs, il nous emmenait volontiers avec lui. L'arrière dépourvu de sièges de sa Super 5 empestait le mouton et la paille humide. Nous y montions à 2, 3 ou 5. Il a bien dû nous arriver aussi de voyager avec un agneau.
Ces virées joyeuses avaient un goût d'interdit, de liberté.
Dans ces corvées insensées qu'il s'imposait, il était en fait enfin totalement libre, à la fois présent et ouvert au monde.
lundi 11 avril 2016
La révolution concrète
Je lui demande s'il se sent un peu chez lui, "at home", là-bas.
Il me répond que la plupart du temps, il ne se sent pas chez lui sur cette planète.
Qu'il est plutôt un citoyen de l'univers, que ça remonte très loin, au fait d'avoir été abandonné, entre autres.
Je pense au "legal alien" de Sting.
https://youtu.be/d27gTrPPAyk
Il me demande ce qu'il en est pour moi.
Je réponds que ça dépend.
Que j'ai la chance d'avoir des racines familiales très stables, y compris géographiquement, depuis des générations. Solides.
Qu'il faut cependant trouver comment croître à partir de là.
Trouver le bon tuteur, l'arbre qui n'étouffe pas tous les rejetons qui poussent à ses pieds.
Et le bon lien avec lui. Celui qui soutient, qui protège, nourrit, tout en laissant grandir librement.
Il me demande si je ressens parfois la pression du conditionnement à l'ombre de cet arbre géant qu'est le conservatisme français.
Je réponds que c'est sûrement ce que je déteste le plus dans ma culture et que c'est une lutte quotidienne.
Dans la voiture, ma fille repère des tags sur les piliers en béton d'une voie rapide.
-Regarde, maman, les beaux dessins !
-Oui, c'est vrai, il y a de belles couleurs.
-Et surtout, ils n'ont pas dépassé.
Il lui aura fallu un an pour apprendre à colorier à l'intérieur des traits.
Elle mettra peut-être toute une vie à ré-apprendre à sortir du cadre.
Il me répond que la plupart du temps, il ne se sent pas chez lui sur cette planète.
Qu'il est plutôt un citoyen de l'univers, que ça remonte très loin, au fait d'avoir été abandonné, entre autres.
Je pense au "legal alien" de Sting.
https://youtu.be/d27gTrPPAyk
Il me demande ce qu'il en est pour moi.
Je réponds que ça dépend.
Que j'ai la chance d'avoir des racines familiales très stables, y compris géographiquement, depuis des générations. Solides.
Qu'il faut cependant trouver comment croître à partir de là.
Trouver le bon tuteur, l'arbre qui n'étouffe pas tous les rejetons qui poussent à ses pieds.
Et le bon lien avec lui. Celui qui soutient, qui protège, nourrit, tout en laissant grandir librement.
Il me demande si je ressens parfois la pression du conditionnement à l'ombre de cet arbre géant qu'est le conservatisme français.
Je réponds que c'est sûrement ce que je déteste le plus dans ma culture et que c'est une lutte quotidienne.
Dans la voiture, ma fille repère des tags sur les piliers en béton d'une voie rapide.
-Regarde, maman, les beaux dessins !
-Oui, c'est vrai, il y a de belles couleurs.
-Et surtout, ils n'ont pas dépassé.
Il lui aura fallu un an pour apprendre à colorier à l'intérieur des traits.
Elle mettra peut-être toute une vie à ré-apprendre à sortir du cadre.
dimanche 27 mars 2016
Dommage collatéral
Ils choisissent dans une petite rue un restaurant désert à la carte prétentieuse.
-Alors tu reconnais que c'est toi qui m'as quitté.
-Je n'ai même pas envie de rentrer dans cette discussion.
-Non, je vais être plus précis. Tu m'as dit "Je t'aime, mais je veux que tu changes."
-Ce à quoi tu as répondu... Rien du tout.
Je n'ai jamais dit ni que je t'aimais, ni que je voulais que tu changes. Je sais depuis quelques temps déjà qu'on ne change pas les autres. J'ai dit que je voulais que notre relation change.
Et à la fin, que c'était dommage.
-Oui, d'ailleurs, je ne réponds jamais.
-C'est vrai.
-C'est parce que je suis vide. C'est aussi pour ça que je peux tout retenir si bien.
-Tu te contentes de régurgiter ?
-Exactement.
...
Coup de fatigue
"Chez les Grecs, l'homme se distingue du divin en cela qu'il est un être limité, fini, qui ne peut être en œuvre constamment. Nous sommes nés fatigués."
Prière d'un petit enfant nègre
Seigneur, je suis très fatigué
Je suis né fatigué
Et j'ai beaucoup marché depuis le chant du coq
Et le morne est bien haut, qui mène à leur école
...
Prière d'un petit enfant nègre
Seigneur, je suis très fatigué
Je suis né fatigué
Et j'ai beaucoup marché depuis le chant du coq
Et le morne est bien haut, qui mène à leur école
...
vendredi 25 mars 2016
Biscuits for Breakfast
Il est des dates comme ça qui résonnent, font entrer en vibration.
On n'y pense pas, et puis, le jour venu, c'est là.
Comme par hasard Fink se met à chanter dans la chambre à côté.
De la fébrilité et de la fatigue comme de la poule et de l’œuf...
Regarder tout ça venir, être là, puis repartir.
On n'y pense pas, et puis, le jour venu, c'est là.
Comme par hasard Fink se met à chanter dans la chambre à côté.
De la fébrilité et de la fatigue comme de la poule et de l’œuf...
Regarder tout ça venir, être là, puis repartir.
jeudi 24 mars 2016
22 mars
Un jour, un mois.
Les événements tristement historiques se succèdent. On ne précise même plus l'année : 11 septembre, 7 janvier, 13 novembre...
Je ne supporte toujours pas d'en voir la moindre image.
À chaque fois mon envie d'être dans la rue est plus forte. Comme pour affirmer que la peur ne nous vaincra pas.
Cette nuit, j'ai préparé des gâteaux pour mes "collègues".
Espérons qu'Oliver le bruxellois aime le chocolat.
Les événements tristement historiques se succèdent. On ne précise même plus l'année : 11 septembre, 7 janvier, 13 novembre...
Je ne supporte toujours pas d'en voir la moindre image.
À chaque fois mon envie d'être dans la rue est plus forte. Comme pour affirmer que la peur ne nous vaincra pas.
Cette nuit, j'ai préparé des gâteaux pour mes "collègues".
Espérons qu'Oliver le bruxellois aime le chocolat.
La Nausée
-C'est à cause de moi, cette nausée ?
-Non. Pourquoi, ça te ferait plaisir que ce soit à cause de toi ?
-Non, sauf si tu en fais un livre.
Ce matin, la nausée est de retour.
Nuit trop courte.
Secouée par la discussion d'hier.
Dégoûtée par ma propre impassibilité.
Se poser comme la bouteille d'Orangina et laisser la pulpe se redéposer.
-Non. Pourquoi, ça te ferait plaisir que ce soit à cause de toi ?
-Non, sauf si tu en fais un livre.
Ce matin, la nausée est de retour.
Nuit trop courte.
Secouée par la discussion d'hier.
Dégoûtée par ma propre impassibilité.
Se poser comme la bouteille d'Orangina et laisser la pulpe se redéposer.
dimanche 20 mars 2016
"Le printemps, c'est joli..."
"Je commençais à m'inquiéter. Plus de vingt minutes pour venir de Montparnasse... Tu aurais dû nous appeler, nous aurions pu te guider."
Sans doute avais-je voulu oublier, du moins tourner la page, au point de ne plus savoir retrouver mon chemin dans un quartier où j'ai vécu 7 ans.
Il a fallu laisser les souvenirs remonter, doucement, comme on laisse se déposer le marc de café, dans un printemps parisien aux doux airs de renaissance.
Déambuler dans des rues oubliées, pourtant si familières.
Des heures pas si perdues, à laisser mes pas me guider.
Reconnaître la Maison Verte, la piscine, les squares, les vitrines que j'aimais.
Passer toute une pause déjeuner à explorer les livres chez un de mes libraires.
Retourner vibrer au New Morning.
Commander le plat du jour au Général Beuret.
Pédaler joyeusement à travers l'île de la Cité, me perdre dans Saint Germain des Prés.
Laisser la fatigue gagner dans un cocon si douillet.
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