vendredi 6 mars 2015

Nousaimonslesmots

-Tu me redonnes l'adresse de ton blog ?
-Non.
-Pourquoi ?
-Tu n'avais qu'à pas la perdre, une troisième fois.
Moi... Mes ambitions... Mes obsessions !!!
Me voilà, dimanche, 18h, vautrée sur le canapé, absorbée par ma lecture "Sagan à toute allure", icône de l'anticonformisme, rétrospective d'une existence à rebondissements...
Q'en est-il de ma vie ?
Je la juge morose, alors que je rêve d'une vie palpitante.
Qu'en est-il de mes projets ?
Ils sont au placard... Dans l'attente de jours meilleurs.
J'ai 24 ans !!!
Avec la même volonté que chaque lundi de recommencer mon énième régime, je referme mon livre et décide que demain sera le début du reste de ma vie.
À 5 ans, j'ambitionnais déjà une carrière de secrétaire, à 7 ans, celle d'infirmière, à 10 ans, journaliste, vers 14 ans, je me rêvais chanteuse, actrice ou encore mannequin (1,62m, mais toujours optimiste !). À 18 ans, j'avais conscience que je ne serais malheureusement jamais une star, résultat, à 24 piges, je bosse dans une banque.
Je n'ai pas de don particulier, ni de passion dévorante, je ne suis pas une grande manuelle, ni une intello d'ailleurs, je ne cuisine pas, ne jardine pas, ne tricote pas et ne fait plus de sport depuis que je n'y suis plus obligée...
Pensez ce que vous voulez, ça bouillonne dans ma tête, un maximum de projets... manque juste une bonne donne de motivation. Dernière lubie en date, me mettre à la phot... Résultat, deux Noëls plus tard, l'achat d'un appareil photo + un logiciel de retouche numérique + divers bouquins sur le sujet, je décide que finalement, je préfère être le modèle que le photographe...
Ma première fois en avion, j'ai voulu devenir hôtesse de l'air ; 10 heures de vol et une crise d'angoisse plus tard, j'abandonnais déjà l'idée. Non pas qu'un rien me décourage, mais je suis une impulsive !
Vous cernez le tableau ? Parfait... Je vous épargnerai donc ma période "médiocre joueuse de poker professionnelle", ou encore ma "reconversion éclair" en Valérie Damidot.
Faut pas croire, dur, dur, de trouver sa voie ; vous en connaissez beaucoup, vous, des personnes qui font un boulot par vocation , Perso, bosser dans la finance, c'est pas vraiment ce à quoi on rêve quand on est gosse, et puis avec 4/20 de moyenne en maths dès la 4e, les profs ont tendance à vite vous en dissuader.
J'essaie de me déculpabiliser de ne pas avoir assez bossé en cours, mais il faut être réaliste, je m'en sors plutôt bien, un CDI, un salaire à la fin du mois, des horaires de bureau... Que demander de mieux ?
Être une shoppingeuse professionnelle !!!
Le constat est affligeant... Aujourd'hui, ma vie, je la rêve bien plus que ne n'en profite !
-Qui a écrit ça ?
-C'est toi.
-Bah, non.
-Si, si, je te jure, il y a ton nom.

J'ai en effet retrouvé cette homonyme.
Sur une toute nouvelle page blanche. Et j'y écris, moi aussi, le premier jour du reste de ma vie.

dimanche 15 février 2015

Road trip

-I love this car, it's so smooth. We should take a road trip.
-I love road trips. Where do you want to go? I just have to be home tomorrow by 11.

-Whenever you want to come north...
-Actually, I should come now, I can hitchhike my way down.
-OK, how long till you're packed, cause I am ready to go?
-I'm ready.

samedi 14 février 2015

La lie

Et pourquoi,  ne boirait-on pas jusqu'à la lie ?

Moi, je m'y risque.
D'abord, parce que ça rend joyeux.
Ensuite, parce que quand,  comme moi, on déteste les regrets,  c'est le meilleur moyen d'être sûr qu'il ne reste vraiment plus de vin buvable.

vendredi 13 février 2015

Le refuge

Je pensais les trouver tout cassés, mais c'est en fait moi, qui viens encore panser mes plaies ici.

The morning after effect

-How do you feel?
-Incomplete.
-What would it take to feel complete?
-Either his saying "you were right" again, but with reasons and explainations, or "let's try again, but for real, this time."

jeudi 12 février 2015

Landing

-Are you tired?
-I am lost and confused.
-Well, you're in a good place.

Méditation

Comment passe-t-on d'une telle légèreté à la torpeur ?
Incapable de travailler efficacement, de dormir complètement...
Et puis, la conclusion d'un email :
-Come to the chalet. A

Après tout, rien ne me retient ici qui ne saurait attendre trois jours de plus.
Une sixième retraite me ferait le plus grand bien.
J'emballe mes affaires en quelques minutes.

4h30 seule en voiture. Aucun stoppeur sur mon chemin, je n'ai pas pris le temps d'emporter des CD. Parfois la radio réussit à capter mon attention.
Mais la plupart du temps, les pensées tournent et retournent dans ma tête, se mélangent et tournent encore.
Et puis cette phrase de Deleuze :
Pour écrire, il faut qu'il y ait un espace entre ce qu'on ressent, ce qu'on désire, et ce que la vie nous offre.

1er novembre

C'est plus fort que moi.
Malgré tous le gestes et paroles m'invitant à enfin lâcher prise, je continue d'envoyer des bouquets de fleurs, de les jeter dans ce lac où je sais qu'elles finiront par couler, puis pourrir.

25 novembre

Toute la journée, j'ai refusé d'admettre que je cherchais partout un signe, un geste, quelque chose dans ce vide et cette absence.
Te souviens-tu seulement, que ce jour-là c'est toi qui as ouvert et même poussé la porte ?

Dans mon rétroviseur, je guette encore un phare, quelque chose.
J'imagine que cette voiture me suit.
Elle tourne derrière moi, mais c'est seule, que je m'engage dans la dernière intersection.

2 décembre

Depuis un mois, mon bureau est dos à la fenêtre.
Les jours où tu es là, je sursaute à chaque claquement de porte sur le parking.

Une échéance, la rencontre est inévitable.
Elle aura forcément lieu dans l'urgence, plus tard que convenu, à l'opposé de tout ce que je peux prévoir, imaginer, ou souhaiter.
Je m'y prépare et la crise d'angoisse est violente.
Au bord du malaise, zombie dans le bureau.
-Ça ne va pas, Stéphanie ?
-Non, je suis malade.

Je me jette dans le travail pour que ça passe.
Ça ne passe pas.
Évidemment, mon travail s'en ressent.
Évidemment, je prends à titre personnel l'énervement qui te vient naturellement, comme une brique dans mon ventre.

-Qu'y a-t-il ?
-Je suis épuisée.
-Par le travail ?
-Oui, aussi.
-J'y suis presque.

18 décembre

Je sais qu'il faut que tu viennes, d'ailleurs c'est moi qui ai insisté.
J'ai pourtant souhaité si fort que tu n'y sois pas.
Éviter les réminiscences d'il y a un an.


Tu m'as dit "Prends ton temps, je t'attends."
J'ai dit "Je suis là."
Un instant nous avons cru...
Et puis tu n'y étais plu.
Tu as dit "Je reviendrai, mais n'attends pas".
Bien sûr, j'ai attendu.
J'ai dit "Je m'en vais."
Tu as dit "Non, attends."
J'ai dit "Je n'en peux plus, c'est trop long. Et si nous jouions ?"
Mais au fond, tu n'y étais plus, et sans doute, moi non plus.

Et si j'avais fermé le verrou si fort, qu'il est apparu infranchissable ?
Peut-être n'as-tu réellement pas utilisé la bonne clé. Ou pas cherché à l'ouvrir.
Et s'il suffisait d'attendre, juste encore un peu ?

Le retour
Voilà, c'est ça.
Sans doute j'espérais que tu fracasses la porte.
J'espérais retrouver l'amoureux transi, fougueux, passionné, excessif.
J'espérais sortir ainsi de ma coquille, exprimer complètement celle que j'ai retrouvée.

Mais toi, qu'espérais-tu ?

Hier, demain
Demain, comme hier, j'ai envie qu'on m'apprenne le nom des oiseaux.
J'ai envie qu'on m'apporte des gâteaux, même s'ils sont à la crème, et du bon vin, même si on ne le boit pas.
Qu'on me parle de musique et de science.
Et j'ai envie, cette fois, de me sentir complètement là.
Point
-Si j'ai vu juste, y a-t-il vraiment à ajouter ? Je t'embrasse.
-Moi aussi, très fort.


mercredi 11 février 2015

Eclaircie

Retour de montagnes russes.
Ce qui est bien, à force de franchir les collines, c'est qu'il en reste de moins en moins sur le chemin.
Alors quand ça tire dans les cuisses, on identifie plus facilement laquelle fait obstacle.

Temps magnifique aujourd'hui, encore meilleur demain ?

minuit quarante-sept

-Si tu étais restée pour le petit déj, nous aurions passé un bon moment, et tu te serais sentie mieux.
-Eh bien justement, je n'avais aucune envie d'être là pour le petit déj.
-Et pourquoi ?
-Parce que je n'ai aucune envie de rentrer dans ta vie, et que tu rentres dans la mienne.

Enfin, c'est que j'aimerais penser.
J'aurais aimé ne pas imaginer préparer, puis partager des repas, jouer avec les enfants.
Les emmener à la piscine, puis déjeuner, puis aller au cinéma, comme un dimanche, quoi.
Ne pas rêver au quotidien.
Ne pas me souvenir et m'accrocher désespérément à ces éclairs furtifs et si lointains, mais encore si présents.
Vivre, et laisser mûrir l'instant.

Levanto

Parfois encore, je me demande ce qui a bien pu se passer.


Le brownie

On ne tombe pas amoureux des fées.
On aime bien les voir passer dans sa vie, c'est agréable et mignon, mais on n'en tombe pas amoureux.

mardi 10 février 2015

Sémantique

-Tu n'es pas très aimable.
-Qu'est-ce que j'ai dit de pas gentil ?
-Ce n'est pas ça, tu n'es pas très aimable.

Tu n'es pas vraiment encore capable d'aimer, et donc, impossible à aimer.

Timing

You should come and settle down here.
I can't see any other solution, it's all that's been on my mind for the past 48 hours.
Come on, you love it here.
And you know the kids would love it too!

dimanche 8 février 2015

Retraite

-Tu vas encore y retourner ?
-Je ne sais pas encore, mais j'y pensais.
-Mais, pourquoi tu vas là-bas ?
-Pour me mettre au vert.
-Enfin, tu ne vis pas vraiment à la ville, si ?

Me mettre au vert de toi, et au vert de moi.
Parce que là-bas, enfin ici, même quand je ne bouge pas, j'y vois clair et j'avance.
Parce qu'on me réconforte, qu'on me secoue, qu'on me stimule, qu'on m'instruis et qu'on m'amuse. Et qu'à mon tour je réconforte, je secoue, je stimule, j'instruis et j'amuse.

vendredi 6 février 2015

Sevrage

La rechute survient la plupart du temps à un moment inattendu, où je me sens plutôt très forte.
Quel mal à prendre un peu de plaisir, puisque j'arrive globalement à m'en passer ?
Et puis, presque immédiatement, les regrets, les sensations négatives qui prennent le dessus.
Le sentiment d'échec en cerise sur ce gâteau, qui laisse un mauvais goût au réveil.


Célébration

mercredi 4 février 2015

Sixième lune

D'abord, nous avons vu Vénus qui trouait le ciel du couchant.
Puis, à l'opposé, Jupiter est apparue.
Ensuite, une myriade d'étoiles.
Le Soleil s'est exclamé :
-Bravo, les étoiles, pour le spectacle.

Puis nous avons découvert, juste au-dessus de l'horizon, un immense disque orangé.
-C'est comme un bonhomme de neige de la couleur d'une carotte.

Matin de coton

Je l'ai vu, moi, le soleil, ce matin.
Il se cachait derrière un voile de coton, comme l'herbe se cachait sous son drap moutonneux.
Mais il a percé, au Chêne Bercy, sur la terre de mes ancêtres.
Et j'ai marché dans les pas du renard.

mardi 3 février 2015

Ceux qui restent

Troisième Etoile

Je laisse les premiers flocons me chatouiller le visage, pour mieux savourer la chaleur d'une maison paisiblement endormie.

Apocalypse

La cause n'en est pas très claire, mais l'imminence, évidente.
Tous sceptiques au début, nous sommes vite convaincus par la lune, orange et voilée de nuages noirs.
La lumière baisse progressivement, le bruit est tellement assourdissant qu'on finit par ne plus l'entendre.
Le vent emporte tout.
Dans le ciel, s'entrechoquent d'énormes masses dans un dégradé de gris.
Avant l'obscurité, bientôt presque totale.

Nous choisissons délibérément, alors que tous se regroupent, de rester seuls.
Et, à la manière des personnages de Hope, notre exode est parsemé de poésie, de parenthèses de lumière, du simple bonheur d'être ensemble.

dimanche 1 février 2015

15 novembre 2014

Respire

Je suis Charlie, j'étouffe, et tu ne vois rien.

Ecole du dimanche



Entièrement démontée, pour pouvoir bien nettoyer, tout au fond et dans les coins inaccessibles.
Comment être sûr de remonter correctement ?
Facile, tout est numéroté.
Même si certains chiffres sont un peu effacés, chaque pièce trouvera sa place, et les mélodies raisonneront bientôt.


vendredi 30 janvier 2015

La moustache

-Appelle-moi la prochaine fois que tu as envie d'arrêter de fumer.
-Je ne suis pas sûre que ça te plaise, à la longue, c'est quasiment à chaque clope.
-Relax, c'est pas parce que la vie est dure et que le monde l'est aussi, y a plein detrucs chouettes partout, pour peu qu'on se donne la peine de regarder.
-Moi, je trouve que la vie est magnifique et gaie. C'est bien pour ça que je continue de me libérer de mes dernières chaînes.
-Content de voir que la vie est belle. Fais une bise à ton piano de ma part.
Et sinon, j'aime le thé, le café, en fait, à part ma moustache, j'aime à peu près tout. Et ce qui m'empêche de dormir c'est par exemple ce soir, le morceau que j'ai à écrire pour demain.
-Et tu es sûr que ce n'est pas le café et le thé qui t'empêchent de dormir ? En tout cas, merci pour ton sourire à moustache.

mercredi 28 janvier 2015

Nicotine

-Je ne veux plus de tabac. Ni dans ma chambre, ni dans ma maison, ni dans ma vie. J'ai été très clair, là-dessus.
-Moi aussi, j'ai été très claire. J'ai dit que j'arrêterai de fumer quand j'aurai trouvé un amoureux.
-Mais tu as aussi dit que tu voulais rire, jouir, et t'amuser.
-Avec toi, oui.

Et on ne fait pas ça avec un amoureux ?

mardi 27 janvier 2015

L'amour est une pensée

Vous savez, quelque part, le poète Pessoa dit : "l'amour est une pensée". C'est un énoncé très paradoxal, en apparence, parce qu'on a toujours dit que l'amour, c'est le corps, c'est le désir, c'est l'affect, c'est tout ce qui n'est pas précisément la raison et la pensée. Et lui dit "lamour est une pensée". Je crois qu'il a raison, je pense que l'amour est une pensée et que la relation entre cette pensée et le corps est tout à fait singulière, et toujours marquée, comme le disait Antoine Vitez, d'une inéluctable violence. Nous expérimentons cette violence dans la vie. Il est très vrai que l'amour peut plier notre corps, induire des tourments immenses. L'amour, on le voir tous les jours, n'est pas un long fleuve tranquille. On ne peut oublier le nombre, après tout effrayant, des amours qui conduisent au suicide ou au meurtre. Au théâtre, l'amour, ce n'est pas seulement, ni principalement, le vaudeville du sexe, ou la galanterie innocente. C'est aussi la tragédie, le renoncement, la fureur. La relation entre le théâtre et l'amour, c'est aussi l'exploration de l'abîme qui sépare les sujets, et la description de la fragilité de ce pont que l'amour jette entre deux solitudes. Il faut toujours y revenir : qu'est ce qu'une pensée qui s'expose comme allant et venant entre deux corps sexués ? Il faut quand même bien dire que, s'il n'y avait pas l'amour, on se demande de quoi le théâtre aurait parlé.

Alain Badiou, avec Nicolas Truong
Eloge de l'amour

samedi 24 janvier 2015

Bon sens

-Mais, si un jour j'ai un amoureux, t'en penseras quoi, toi ?
-Je serai content.
-Mais il dormira sûrement dans mon lit. Alors comment on fera, quand vous venez parfois me faire des câlins dans le lit le week-end ?
-Bah, il faudra qu'il s'adapte à nos habitudes.

vendredi 23 janvier 2015

Once

C'est remonté au début du film.
Nous nous étions disputés.
Sans doute une de nos premières disputes aussi violentes.
Il était sorti fumer une cigarette dans la cour pendant que je restais à ruminer dans la cuisine.

Par la fenêtre, du coin de l'œil, j'ai vu la serpillière s'agiter.
Je n'ai d'abord pas compris ces mouvements saccadés.
Et puis, j'ai tendu l'oreille.
D'un geste rapide et en rythme, Bob Marley a jeté sa tête en arrière pour faire voler ses dreadlocks, et dégager le manche du balai, avant de continuer sa danse reggae.
J'ai ri, lui aussi.

samedi 17 janvier 2015

Aube

Après l'aube, l'aurore, et après l'aurore, le soleil.


Après 5 mois, les Pyrénées s'offrent enfin à moi dans la clarté d'un matin prometteur.

vendredi 16 janvier 2015

Série américaine

-Ah, pour une fois, ça marche, ton téléphone.
-Oui, enfin pas pour longtemps, je n'ai plus beaucoup de batterie.
-Et tu es près d'un téléphone fixe ?
-Non, mais près d'une prise de courant dans une heure.
-Mais où vas-tu ?
-Vers le Sud.
-Ah, tu vas retrouver ton "chéri", c'est ça ?
-Si tu veux l'appeler comme ça...
-Alors, tu vois, qu'il est trop tard pour t'embrasser.
-Je suis seulement 400 km plus loin que tout à l'heure.
-Mais tu es amoureuse de lui ?
-Tût... Tût...
-Je n'ai pas entendu la réponse, tu es amoureuse de lui ?
-Tût... Tût... Tût.

mercredi 14 janvier 2015

Démocratie

Mai 2011
-Vous pensez qu'il va être réélu, vous, Sarkozy ? (Ecart sur la gauche, il rattrape la course de la voiture avant d'heurter les rails de sécurité.)
-J'espère bien que non.
-...
(-En fait, ce que j'espère vraiment, c'est arriver en vies à la gare. Même en retard.)
-De toute façon, ça m'est bien égal, moi, je suis contre la démocratie.
(-Ah oui, j'aurais dû m'en douter. Sarkozyste... Royaliste ? Non, Bonapartiste !)
-Je suis prudent, parce qu'en plus de la mienne, j'ai deux vies entre les mains !
-Sourire.
-Vous êtes pour la démocratie, vous ? Ça ne vous semble pas une vaste hypocrisie irresponsable, le droit de vote universel (il appuie sur "universel") ?
(-Pourquoi il pile ? Ah oui, un radar. Donc on passe de 140 à 70, normal.)
C'est vrai que tous ceux qui votent, ou tous ceux qui en ont le droit, ne le font pas forcément avec le sens des responsabilités. Mais comment définir qui doit être de quel côté ? De quel droit se place-t-on du "bon" et les autres du "mauvais" ?
-Une sorte de conseil des sages, par exemple ?
(-Tu ne veux pas mettre tes essuie-glace, plutôt ?)
-Je vais mettre les essuie-glace. Avec ces camions...
-Et qui décide ceux qui siègent au conseil des sages ? On reproduit juste la question, non ?

Janvier 2015
-Quand j'étais au conseil municipal, j'ai failli en devenir anti-démocrate.
(-Toi, le soixante-huitard, l'écolo, le socialo ?)
-Tu comprends, toutes ces responsabilités entre les mains de tous ces incapables !

Bonne année

-Tu as vu, sa carte de vœux ? Le sourire qui monte en flèche avec les euros ?
-C'est sa carte professionnelle, il a rayé "l'équipe" pour le remplacer par "la famille".
-Et alors ?
-Bah au moins, il t'a envoyé une carte.

"Stratégie et création"... Je me souviens du débat autour de l'expression "accélérer la vitesse", à coups de "Robert" et "Grevisse".

-Moi j'aimais bien, discuter avec lui. C'est quand même lui qui m'avait offert mon premier livre de philo, Propos sur le bonheur, dévoré dans le week-end, pour qu'on puisse en parler...

mardi 13 janvier 2015

Déjeuner

-Il y a tellement de choses que j'aimerais faire, mais que je n'ose pas.
-Il vaut mieux avoir des regrets pour des choses qu'on a faites, que pour des choses qu'on n'a pas faites.
-C'est vrai, je sais, tu as raison.
...
Tu n'as pas trop peur de regretter ce que tu ne vas pas faire avec moi ?

lundi 12 janvier 2015

Tennis

-Tu es une salope, mais dans le mauvais sens du terme.
-Ah, parce qu'il y a un bon sens du terme ?
Ah oui, celle qui veut se faire baiser par tous les trous.
-Je n'aurais pas dit ça comme ça...
Tu ne voudrais pas essayer d'être une salope dans le bon sens du terme ?
-Être une salope, même dans le bon sens du terme, pour des salauds, je ne suis pas sûre que ce soit mon ambition.

Libérée

-Mais, tu sais d'où ça vient, "ingénue" ?
-Non.
-Ça veut dire "né libre". Eh bien, je revendique mon ingénuité !

jeudi 8 janvier 2015

8 septembre

Tu fais l'enfant.
Quand la montagne se présente, on ne fait pas demi-tour, on ajuste son pas.

Seulement voilà, j'avais devant moi non pas une, mais deux, trois collines à franchir.
Un sac beaucoup trop lourd et une seule gourde qui me semblait bien vide.
Pourtant, en ajustant mon pas, en acceptant les montagnes russes, j'ai fini par m'approcher du sommet.
A la fois impatiente et tremblante de découvrir ce qu'il y aura derrière, et d'affronter la dépression de la descente.

Mais je profite pour le moment du sentiment de paix qui vous envahit peu à peu quand on peut enfin se retourner pour admirer le paysage, contempler le chemin parcouru, et respirer.