dimanche 29 juin 2014

Distance & Time





Avant d'écrire une nouvelle page, tourner la précédente.



Abstinence

Une journée entière sans pouvoir s'arrêter.
Où, quand, comment, quoi, avec qui, pourquoi...

Au bout du compte, nous avons fini par savoir presque tout l'un de l'autre, sans jamais avoir rien fait ensemble.

samedi 28 juin 2014

Madame Butterfly


-Tu y crois, toi, à la passion qui dure ?

-Non.

-Moi je ne suis mue que par ça, alors comment faire ?

-Tu vas papilloner.

-A papilloner, on finit toujours seul, non ?

-Mais au bout du compte, on est toujours seul.





mardi 24 juin 2014

La Cabane

Enfant, c'était le lieu des cueillettes au champ, de la pêche, et surtout de la fête du 15 août, avec les cousins.
Un paradis de fraîcheur, ou nous mangions escargots, melon, gigot et tarte aux prunes.
Jeux de société, courses de radeaux de bois, sieste et mots fléchés occupaient joyeusement le reste de la journée.

Adolescente, j'aimais y organiser des soirées coupées de tout.
C'est là qu'un soir, j'ai posé ma main sur sa cuisse. En quelques secondes, le monde autour de nous n'existait plus, d'ailleurs, malgré le froid, le monde est sorti pour nous laisser à nos émois.

Souvent, pour aller de chez ses parents à chez les miens, nous prenions le chemin des écoliers.
Après nos vacances, en juin 2007, nous nous étions arrêtés faire des photos, moi, amazone en jupe longue sur les bottes de foin.

Deux an plus tard, il y posait un genou à terre.

Si nous n'avons pas pu nous y marier vraiment, notre célébration étalée y a pourtant fait quelques étapes mémorables.

Ce soir, sans m'en rendre compte, je prends à nouveau le chemin des écoliers, et m'enfonce dans ce chemin cabossé, à la recherche du bruit du barrage.
Une tonnelle, des tables, des chaises. La pelouse tondue, les grillages des moutons, retirés.
Les arbres ont poussé, mais sont toujours là.

Le ruisseau coule, toujours, d'autres histoires s'écrivent désormais en ce lieu.

dimanche 22 juin 2014

Prelude No. 15


 Absente, impatient, j'appelle son retour ;
Elle a toutes mes pensées, je suis triste loin d'elle,
Je l'aime d'un amour si profond, si fidèle,
Ne saura-t-elle donc ainsi m'aimer un jour ?

Déjà tombe la nuit, au loin gronde l'orage,
Je la vois anxieuse et n'osant revenir...
C'est à torrents, qu'il pleut, que va-t-il advenir
 Le cauchemard me prend, m'enlevant tout courage

Goutte à goutte cette eau sur moi, tombe, descend,
Elle martelant de coups mesurés et sans nombre ;
Aveuglants, les éclairs sillonnent le ciel sombre
Ah ! Cette goutte d'eau sans répit, je la sens.

Mais dans l'ombre, j'entends les pas et l'espérance
En mon âme renaît... C'est elle, la voilà !
Ô mes chères amours, enfin vous êtes là,
Elle faisant oublier ma crainte et ma souffrance.

samedi 21 juin 2014

Sevrage

Tentative de triple sevrage simultané : médicaments, clopes, Canto.
Double rechute à 22h32.
Juste après avoir taxé 2 clopes à mon voisin, je me jette sur mon portable...

Une chose après l'autre.

mardi 17 juin 2014

Coquine ?

Voilà, ça, c'est fait.
A la porte de chez moi.
 -Ah, désolé, c'est que je cherchais une amie.
-Alors c'est raté, enfin pour le moment.
-Pardonnez-moi de vous demander ça, mais, vous êtes seule dans la vie ?
-(Comme tout un chacun.) Euh... C'est une drôle de question. Pas vraiment...
-C'est que, mon amie, nous avions aussi des relations, enfin... Coquines. Et là, j'ai fait beaucoup de route. Je pensais, enfin... Si vous vouliez discuter, ou...
-Je ne sais pas quoi vous dire, je n'ai pas vraiment l'habitude...
-Mais vous êtes vraiment charmante....
-Mais ce ne sera pas pour ce soir, je pense.
-Bonne soirée. Et pour le reste, c'est vraiment sans façon ?
-Oui, vraiment.

lundi 16 juin 2014

Tupperware

Quand vais-je arrêter de cuisiner pour 4 ?

Pénélope







While your are away

My Heart comes undone

Slowly unravels

In a ball of yarn

The devil collects it

With a grin

Our Love

In a ball of yarn



He'll never return it



So when he commes back

We'll have to make new lov

dimanche 15 juin 2014

Grêlée

Déjeuner paisible et joyeux des histoires du village, comme celle du Père P., qui, profitant un jour de ce que son épouse avait mis à froidir un gâteau des rois sur le rebord de la fenêtre de l'auberge, y glissa la molaire qu'il venait de perdre...

Pour digérer, et tenter de chasser mes conflits intérieurs, petit tour dans la vigne.
Le désastre dépasse largement mon trouble.
Mais plus nous descendons ces trois rangs, achevant méthodiquement le travail de la tempête, amputant ce qu'il reste des branches et cassant tous les petits bourgeons des ceps, castrant les efforts désespérés mais mal placés de la vigne pour s'en remettre, plus les impacts de grêle devant mes yeux se transfèrent dans mon ventre.

Marre de devoir prendre des décisions seule.
Marre de culpabiliser, de n'avoir pas su le guérir, de les avoir abandonnés, de penser à moi, de prendre du plaisir, de mentir et cacher.

Alors qu'habituellement, je trouve ici la paix de ceux qui connaissent leur place en ce monde, parmi les éléments, ceux qui nous ont précédé et ceux qui nous survivront, j'ai ce soir du mal à savoir qui je suis et où je vais.



Prendre le temps de m'envoler, comme le moineau, pour voir si, de là-haut, tout cela a un sens.
Et enfin, toucher terre.

lundi 9 juin 2014

Parenthèse

Je suis la mécène, la fille, la sœur.
Je suis Ysaline Troizamours, Béatrice.
Je ne suis pas Rosalie.

J'ai 16 ans et demi.

Je regarde, j'écoute, je goute, je bois, je questionne, je cueille, je sens, je ris.
Au fin fond des montagnes, du vert, du bleu, des pierres.

Ecoutez ! Vous entendez ce merle, comme c'est beau ?

Je suis la feuille de vigne, la branche de citronnelle.

-Non, je ne crois pas en Dieu. Pas ce dieu-là, en tout cas.
-Elle est communiste.
-Et moi, mysthique.

 Je suis ici et maintenant, au cœur du monde, hors du temps.